Qui était Rabbi Méïr Baal Haness zatsal ?
Rabbi Méïr Baal Haness est l’un des plus grands sages du Talmud, il est une figure centrale du judaïsme rabbinique. Vivant au IIe siècle de notre ère, il fut un disciple de Rabbi Akiva et un contemporain de Rabbi Shimon Bar Yohaï. Son nom, “Méïr”, signifie “celui qui éclaire”, et “Baal Haness” — “le maître du miracle” — fait allusion aux nombreux récits miraculeux qui lui sont associés, notamment sa libération surnaturelle de situations périlleuses grâce à sa foi et sa sainteté.
Rabbi Méïr était renommé pour sa sagesse, sa mémoire prodigieuse et sa capacité à argumenter sur tous les sujets de la Torah. Il est souvent cité dans le Talmud en raison de la richesse intellectuelle et spirituelle de son enseignement.
Il était également connu pour son immense compassion et son engagement envers les plus démunis.
De nos jours, de nombreuses personnes invoquent son nom dans des prières, en particulier pour recevoir une aide céleste dans des situations difficiles.
Sa tombe à Tibériade, en Israël, est un lieu de pèlerinage et de recueillement très fréquenté surtout le 14 du mois de Iyar, date de sa Hiloula, cette année le vendredi 1er mai 2026.
La grandeur d'âme de Brouria, l'épouse de Rabbi Méïr
L’épisode de la mort des deux fils de Rabbi Méïr et son épouse Brouria est l’un des récits les plus poignants et profonds de la tradition juive. Il illustre à la fois la foi, la sagesse et la grandeur d’âme de ce couple exceptionnel.
Selon la tradition rapportée dans le Midrash (Yalkout Shimoni, Michlé 964), un jour de Chabbat, alors que Rabbi Méïr était à la synagogue, leurs deux fils — encore jeunes — moururent soudainement à la maison. Sa femme, Brouria, femme d'une intelligence rare et d'une foi remarquable, choisit de ne rien dire à son mari immédiatement afin de ne pas troubler la sainteté du jour de Chabbat.
Elle recouvrit les corps de leurs enfants et attendit que Rabbi Méïr rentre chez lui après la fin du Chabbat. Lorsqu’il revint, elle l'accueillit avec calme et lui servit le repas de sortie du Chabbat. Après le repas, elle engagea une discussion avec lui à travers une parabole :
« Rabbi, si quelqu’un nous confie un dépôt précieux et revient plus tard pour le réclamer, devons-nous le lui rendre ? »
Rabbi Méïr répondit : « Bien sûr, nous devons le lui rendre. »
Alors Brouria l’emmena dans la chambre où reposaient les deux corps, et lui dit :
« Hachem nous avait confié un dépôt, et Il est venu le reprendre. »
Rabbi Méïr, profondément bouleversé, accepta les paroles de sa femme avec une grande douleur, mais aussi avec une immense élévation spirituelle.
Ce récit est souvent cité comme exemple de foi inébranlable et de maîtrise émotionnelle face à l’épreuve la plus terrible qu’un parent puisse connaître.
Ce moment tragique et sublime à la fois met en lumière la grandeur morale du couple, mais surtout la dignité, la sagesse et la foi absolue en Hachem que Brouria a su incarner dans l’instant le plus sombre.